Le nord de l’Arménie fut l’une des régions clés de la Route de la Soie caravanière qui reliait la Méditerranée à l’Extrême-Orient pendant le premier millénaire. Les marchands, les pèlerins et les armées passaient par les cols du Caucase, traversant des villes et monastères qui servirent de refuges et de lieux d’échange culturel. Ce circuit de 5 jours suit les traces de cet itinéraire historique à travers les monastères UNESCO, les forges thermales et les gorges vertigineuses.
Jour 1 : Gyumri
Gyumri est la deuxième ville d’Arménie et l’un des centres culturels les plus importants du pays. Contrairement à Erevan modernisée, Gyumri a conservé son tissu urbain du XIXe siècle — des rues pavées flanquées de maisons en tuf noir de basalte, des khachkars dans les cours intérieures et une atmosphère de ville-marchande d’antan.
Depuis Erevan, le trajet en marshrutka prend 1h30 (1 000 AMD). La gare de Gyumri est elle-même un monument — une belle construction ferroviaire de l’époque tsariste.
À voir à Gyumri :
- Le quartier Kumayri (centre historique) avec ses maisons-musées du XIXe siècle
- La cathédrale Sainte-Mère-de-Dieu (Surb Astvatsatsin), reconstruite après le séisme de 1988
- Le musée régional Dzitoghtsyan — costumes locaux, objets artisanaux et photographies historiques
- La place de la Liberté avec ses cafés et galeries d’art
Nuitée à Gyumri. Les hôtels de la ville sont peu nombreux mais les pensions familiales offrent un accueil souvent chaleureux (20-40 € pour une chambre double).
Jour 2 : Haghpat et Sanahin
Depuis Gyumri, rejoignez Alaverdi par la route qui descend dans les gorges profondes de la rivière Debed (2h en voiture, ou marshrutka via Vanadzor, 3h30 avec correspondance).
Haghpat (fondé en 976) est l’un des grands ensembles monastiques de l’Arménie médiévale — archevêché, académie et scriptorium à la fois. L’église principale de la Sainte-Croix, le gavit (narthex) du XIIIe siècle et la bibliothèque fortifiée forment un ensemble homogène en tuf rose. Les khachkars sculptés dans les galeries sont parmi les plus beaux d’Arménie. Comptez 1h30-2h pour une visite approfondie. Entrée libre.
À 10 kilomètres, Sanahin (fondé au Xe siècle) est souvent éclipsé par Haghpat mais mérite autant d’attention. Son académie monastique fut l’une des premières d’Arménie. Les deux monastères jouaient un rôle de concurrence savante et artistique pendant le règne de la dynastie Kiurikide.
Depuis Alaverdi, un taxi pour les deux monastères revient à 3 000-5 000 AMD pour la journée.
Nuitée à Alaverdi. La ville elle-même est modeste — une ancienne ville industrielle dans une gorge encaissée — mais les environs sont spectaculaires.
Jour 3 : Kobayr et la gorge de la Debed
La gorge de la Debed est l’une des plus profondes d’Arménie — la rivière Debed a creusé un canyon de 300-400 mètres à travers les rochers granitiques du Lori. La route nationale qui longe la gorge offre des panoramas vertigineux.
Le monastère de Kobayr (XIIe-XIIIe siècle) est perché sur une falaise au-dessus de la gorge, accessible par un sentier escarpé de 45 minutes depuis Alaverdi. Moins visité que Haghpat et Sanahin, Kobayr est en partie en ruine mais les fresques préservées dans l’abside de l’église sont exceptionnelles — un mélange rare d’iconographie arménienne et géorgienne, reflet des liens dynastiques entre les deux royaumes au XIIe siècle.
L’après-midi, remontez la gorge vers le nord jusqu’à la frontière géorgienne ou explorez les villages de la région de Lori, parmi les plus forestiers d’Arménie.
Jour 4 : Vanadzor et le lac Pambak
Vanadzor est la troisième ville d’Arménie — une ancienne cité industrielle soviétique en transition. Elle sert de bon point de transit pour explorer la région. Le parc municipal et les quelques rues piétonnes rénovées offrent un cadre agréable pour une pause déjeuner.
Depuis Vanadzor, le plateau de Pambak offre des paysages de haute prairie alpine avec vue sur les volcans du Caucase. En été, les troupeaux de bergers nomades arméniens (pastoralisme pratiqué depuis des millénaires) sont visibles dans les herbes hautes.
Le village de Stepanavan vaut un arrêt pour les restes de la forteresse de Lori Berd (Xe-XIe siècle), construite sur un éperon entre deux gorges — l’un des sites défensifs les mieux positionnés d’Arménie médiévale.
Jour 5 : retour via Dilijan
Dilijan est la dernière étape avant le retour à Erevan. Cette ville thermale dans un cadre forestier dense (forêts de chênes et de hêtres couvrant les pentes) est surnommée le “Suisse de l’Arménie” — une dénomination un peu exagérée mais qui rend compte de son atmosphère plus humide et verdoyante que le reste du pays.
Le vieux Dilijan rénové comprend une rue de maisons du XIXe siècle transformées en ateliers d’artisans. Les ateliers de fabrication de dulce (confiseries locales), de tissage et de poterie sont ouverts à la visite.
Depuis Dilijan, Erevan est à 1h30 en marshrutka (700 AMD). Route panoramique par le col de Sevan si vous avez une voiture.
Informations pratiques
- Durée : 5 jours est un minimum confortable. 7 jours permettent des étapes plus lentes et des randonnées supplémentaires.
- Hébergement : Gyumri a des pensions de qualité; Alaverdi est limité — réservez à l’avance en saison. Dilijan a plusieurs options mid-range.
- Meilleure saison : mai-octobre. Septembre est particulièrement beau dans les forêts du nord, avec les premiers changements de couleur.
- Transport : louer une voiture en Arménie offre la plus grande flexibilité pour enchaîner Gyumri, les monastères du Lori et Dilijan à votre rythme.
- Hébergement : réservez à l’avance à Gyumri (hôtels à Gyumri) et à Alaverdi (hôtels à Alaverdi) en haute saison — les options sont limitées.
- Budget indicatif : 50-80 € par personne par jour tout compris en voyage économique.